Réponse courte : pour raccorder plusieurs machines, il faut définir les combinaisons réellement simultanées et vérifier que chaque captage conserve son besoin dans ces configurations. Additionner des débits maximaux de catalogues ne dimensionne pas un réseau.
L’INRS ED 6052 demande de prendre en compte le type des machines, leur localisation et leur nombre en fonctionnement simultané. L’INRS distingue aussi les réseaux destinés aux machines fixes de ceux destinés aux outils portatifs, car les plages de débit et de perte de charge ne répondent pas aux mêmes architectures.
Écrire les scénarios avant de choisir la centrale
Un atelier peut interdire l’usage simultané de certaines machines ou prévoir un poste de nettoyage en parallèle. Ces règles doivent être explicites. Sans elles, le calcul peut surdimensionner l’installation ou, au contraire, ignorer une combinaison réellement utilisée.
Pour chaque scénario, il faut lister :
- les machines actives et leurs captages ouverts ;
- le débit demandé par chaque machine dans sa propre notice ;
- les registres, clapets et branches ouverts ;
- les longueurs et singularités du chemin critique ;
- le débit et la pression attendus aux points de contrôle ;
- la conduite prévue en cas de panne ou de mauvais réglage.
Ne pas mélanger réseau fixe et aspiration portative
L’INRS indique que les machines fixes et les outils portatifs demandent des réseaux de transport différents. Dans l’ED 6052, les machines portatives utilisent des débits plus faibles avec des pertes de charge élevées. Les machines fixes relèvent de débits beaucoup plus importants et d’une architecture distincte.
Raccorder les deux familles sur une même branche sans étude ne produit donc pas un système « universel ». Le fait que les diamètres puissent être adaptés mécaniquement ne démontre pas la capacité aéraulique.
Les registres modifient le point de fonctionnement
Fermer une branche change la résistance globale et la répartition des débits. Ouvrir une bouche de nettoyage ajoute une demande. Le réglage doit être associé à un scénario, et les opérateurs doivent savoir quelles combinaisons sont autorisées.
Les valeurs de réception deviennent ensuite les références pour les contrôles. Le guide contrôle et maintenance explique comment conserver les points et les configurations.
Pourquoi l’addition des maximums échoue
Le débit maximal d’un aspirateur est souvent publié sans la dépression simultanée. La somme des besoins des machines ne dit rien de la pression nécessaire pour vaincre les pertes du réseau. À l’inverse, additionner les débits maximaux des extracteurs ne prouve pas que chaque branche recevra son besoin.
Un dimensionnement associe les courbes du système et de l’extracteur, les pertes de charge et les scénarios. AspiMatch ne remplace pas ce calcul. Il peut signaler les données manquantes et empêcher qu’une somme de catalogues soit présentée comme une preuve.
Le cas de l’aspirateur mobile
Dans le périmètre de l’atelier bois traité par l’ED 6052, l’INRS réserve l’aspirateur industriel mobile adapté aux poussières de bois aux situations de chantier ou à l’usage occasionnel d’une machine. Cette remarque ne constitue pas une interdiction universelle, mais elle indique que l’organisation d’un atelier multi-machines doit être étudiée comme une installation.
Le bon résultat n’est donc pas « un gros aspirateur pour tout ». C’est un ensemble de scénarios documentés, de besoins par captage, de réglages et de valeurs de contrôle.