Réponse courte : un dossier utile ne commence pas par le choix d’un aspirateur. Il commence par la référence exacte de la machine, l’opération, le capteur, le chemin complet jusqu’à l’extracteur et les preuves applicables à cette configuration. Il sépare ensuite ce qui vient du fabricant, ce qui a été calculé et ce qui a été mesuré au poste.

Ce dossier propose une trame pour les ponceuses, scies et défonceuses portatives raccordées à une aspiration. Il s’appuie sur le domaine déclaré de l’INRS ED 6052, qui vise les installations d’aspiration des copeaux et poussières de bois pour les machines portatives et le nettoyage. Il ne transpose pas cette brochure à une autre industrie et n’en tire aucun débit universel.

UNE CHAÎNE, CINQ OBJETS À NOMMERMachinemodèle, outilopérationCaptagecape, busepositionJonctionsflexibleadaptateursExtracteurcourbe, filtreétatContrôlepoints, dateconditionsUne référence absente ou une mesure sans conditions laisse la chaîne incomplète.
Le dossier conserve les identités et les preuves. Il ne remplace pas la réception ni la mesure d’exposition.

1. Décrire l’opération avant le matériel

Le mot « ponçage » ne décrit pas une situation suffisante. Le support, l’abrasif, la surface, la position de travail, la durée et le mode d’utilisation influencent la production et la dispersion des poussières. Pour une scie, il faut aussi décrire la lame, le capot et la coupe. Pour une défonceuse, le capot ou la table utilisés doivent être nommés.

Le dossier doit distinguer au minimum :

  1. l’activité et le matériau réellement travaillés ;
  2. la référence complète de la machine et de sa variante ;
  3. l’outil ou l’accessoire qui modifie le captage ;
  4. le poste et les conditions d’usage représentatives ;
  5. les autres machines susceptibles de fonctionner en même temps.

Cette description sert à empêcher une comparaison trompeuse entre une fiche constructeur générique et une configuration différente. Elle ne calcule aucune exposition.

2. Examiner le capteur intégré

La page INRS sur les poussières de bois place le captage à la source parmi les mesures de réduction des émissions. Pour une machine portative, cela impose d’examiner la zone où la poussière est produite, la manière dont elle est guidée vers la buse et les ouvertures par lesquelles elle peut s’échapper.

Une photographie peut documenter l’état apparent du capot et l’implantation du raccord, mais elle ne mesure ni le débit ni l’efficacité du captage. Le relevé doit donc associer chaque image à la référence de la machine, à la date et à la configuration observée, sans personne identifiable ni information de chantier inutile.

Les questions utiles sont concrètes : le capot correspond-il à la notice consultée ? La buse est-elle complète ? L’outil ou la position de travail ouvre-t-il une trajectoire de fuite ? Le raccord a-t-il été modifié ? Si la réponse n’est pas établie, le dossier garde un état incomplet.

3. Tracer chaque jonction

La chaîne mécanique comprend la sortie de la machine, le premier raccord, le flexible, les adaptateurs éventuels, un préséparateur éventuel et l’entrée de l’extracteur. Un diamètre nominal identique ne prouve pas qu’une jonction est étanche, stable ou approuvée par le fabricant.

Pour chaque jonction, le dossier doit conserver :

  • les deux références reliées ;
  • l’interface ou les dimensions publiées ;
  • l’adaptateur exact lorsqu’il existe ;
  • la source fabricant qui couvre la combinaison ;
  • l’état réel observé, notamment usure, écrasement ou jeu apparent.

Une liaison non documentée n’est pas automatiquement incompatible. Elle reste non documentée. Le guide sur les flexibles et les raccords explique pourquoi longueur, diamètre intérieur et singularités doivent rester attachés à la configuration.

4. Séparer maxima produit et débit disponible

La valeur maximale publiée pour un extracteur ne décrit pas automatiquement le débit qui subsiste au raccord de la machine. Le capteur, le flexible, les coudes, les réductions, le filtre et son état ajoutent des résistances. L’ED 6052 demande de traiter conception et réception de l’installation dans son domaine, et signale une annexe dédiée à la mesure de débit sur réseau haute dépression.

Le dossier doit donc conserver deux familles de données séparées :

Donnée Origine attendue Ce qu’elle ne prouve pas
Débit ou dépression maximal de l’extracteur fiche de la référence exacte débit à la machine
Besoin au captage notice de la machine ou étude applicable capacité de l’extracteur dans le réseau
Perte de charge d’un élément donnée fabricant, modèle validé ou mesure perte de la chaîne complète
Débit disponible mesure ou point de fonctionnement documenté maîtrise de l’exposition

Si les données ne sont pas comparables au même point de fonctionnement, AspiMatch ne doit pas produire de verdict favorable sur l’axe aéraulique.

5. Documenter filtration, collecte et vidange

La classe déclarée de l’extracteur doit être rattachée à la référence exacte et à une source fabricant. Elle ne remplace pas l’évaluation du risque, le captage ni le contrôle de l’exposition. Le dossier doit aussi identifier le filtre, le sac ou contenant, la procédure de vidange et les restrictions d’usage publiées.

L’entretien modifie la situation aéraulique. Un filtre chargé, un flexible obstrué ou un sac mal installé peut rendre une mesure antérieure non représentative. Il faut donc dater l’état du filtre, décrire le nettoyage réalisé et noter tout changement de consommable entre la réception et le contrôle.

La procédure de nettoyage du poste doit être considérée comme un usage distinct. L’INRS cite le nettoyage par aspiration parmi les mesures de prévention pour les poussières de bois. Le dossier ne doit pas convertir cette recommandation générale en validation d’un embout ou d’un aspirateur particulier.

6. Préparer la réception

Le document Réceptionner et contrôler une installation de ventilation s’adresse aux organismes de contrôle, aux chefs d’entreprise et aux préventeurs pour les dispositifs de captage localisé. Dans AspiMatch, il sert à définir la structure des preuves à préparer, pas à simuler une réception.

Une réception exploitable doit pouvoir retrouver :

  • la configuration exacte soumise au contrôle ;
  • les points de mesure et les grandeurs relevées ;
  • les instruments et la date ;
  • les conditions de fonctionnement, y compris les machines simultanées ;
  • l’état des filtres et registres ;
  • les valeurs de référence qui serviront aux contrôles ultérieurs.

Une mesure isolée, sans point ni configuration, ne peut pas jouer ce rôle. De même, un résultat obtenu avec un flexible neuf ne décrit pas nécessairement une chaîne modifiée ou dégradée.

7. Organiser le suivi

La page INRS sur les poussières de bois indique un contrôle annuel de l’efficacité du système de ventilation et du captage à la source, ainsi que la mise à jour du dossier d’installation. Elle distingue ce contrôle du contrôle de la VLEP par un organisme accrédité. AspiMatch conserve cette séparation.

Le journal de suivi doit dater au minimum les changements de machine, capteur, flexible, adaptateur, extracteur, filtre et mode de fonctionnement. Lorsqu’une valeur change, il doit conserver la valeur précédente, la nouvelle valeur, la source et le motif. Une correction n’est pas une simple réécriture silencieuse.

8. Reconnaître les conditions d’arrêt

Le dossier doit cesser de conclure lorsque le matériau ou le risque n’est pas identifié, lorsque le besoin au captage est absent, lorsque le débit disponible n’est pas établi ou lorsqu’une situation ATEX potentielle n’a pas été évaluée. La page INRS rappelle que les poussières de bois peuvent contribuer à un incendie et que des poussières en suspension peuvent provoquer une explosion.

Le bon résultat peut donc être une liste de preuves manquantes. Cette liste protège la décision : elle indique ce qu’il faut mesurer, retrouver ou faire examiner avant de comparer des produits.

Livrable minimal

Un dossier minimal comprend une page de contexte, un inventaire des références, un schéma de chaîne, les sources fabricant, les données aérauliques comparables, les informations de filtration et de vidange, les conditions de réception et un journal de modifications. Le dossier professionnel local permet déjà d’exporter un relevé non nominatif. Il ne doit recevoir le statut « validé extérieurement » qu’après une revue réelle attribuée et traçable.